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Comprendre l'endométriose : symptômes, causes, diagnostic et accompagnement naturopathique en complément du suivi médical, par Adeline Bourdon, naturopathe.
L'endométriose touche environ une femme sur dix en âge de procréer — soit près de 190 millions de personnes dans le monde selon l'Organisation mondiale de la santé — et pourtant elle reste largement méconnue, y compris par les femmes qui en souffrent depuis des années sans savoir mettre un mot dessus. Si vous êtes ici, c'est peut-être que vous ressentez des douleurs qu'on vous a longtemps dit "normales", ou que vous venez de recevoir un diagnostic et que vous cherchez à comprendre ce qui vous arrive, au-delà des explications médicales.
Cet article a pour but de vous aider à y voir plus clair : ce qu'est l'endométriose, comment elle se manifeste, ce que l'on sait de ses causes, et comment une approche naturopathique peut vous accompagner en complément d'un suivi médical — mais jamais à la place du suivi médical.
Sommaire
- Qu'est-ce que l'endométriose ?
- Les différents types d'endométriose
- Les symptômes de l'endométriose
- Pourquoi le diagnostic prend-il autant de temps ?
- L'endométriose a-t-elle une cause unique ?
- L'approche naturopathique
- Hygiène de vie et endométriose
- Questions fréquentes
Qu'est-ce que l'endométriose ?
L'endométriose est une maladie chronique dans laquelle du tissu semblable à celui qui tapisse l'intérieur de l'utérus (l'endomètre) — mais pas identique à celui-ci — se développe en dehors de la cavité utérine. Les zones les plus fréquemment touchées sont les ovaires, les trompes, le péritoine, la vessie et les intestins. Dans de rares cas, décrits dans la littérature médicale, ce tissu peut aussi se développer beaucoup plus loin de la sphère pelvienne — sur le diaphragme, les poumons, une cicatrice chirurgicale (par exemple après une césarienne), ou plus rarement encore sur d'autres tissus du corps (comme les yeux ou le cerveau). Ces localisations restent exceptionnelles, mais elles montrent que l'endométriose ne se limite pas toujours aux organes reproducteurs.
Ce tissu réagit aux hormones du cycle menstruel exactement comme l'endomètre normal : il s'épaissit, puis saigne à chaque cycle. Mais à l'extérieur de l'utérus, ce sang n'a aucune voie naturelle pour s'évacuer. Il reste sur place — sur un ovaire, une trompe, le péritoine, parfois d'autres organes — et provoque une irritation qui s'accumule, cycle après cycle, jusqu'à former avec le temps des adhérences, des kystes (endométriomes) ou des lésions plus profondes.
C'est ce mécanisme qui explique pourquoi la réalité de l'endométriose n'a souvent rien à voir avec de simples règles douloureuses. En se représentant ce phénomène comme une forme de petite "hémorragie interne" qui se répète chaque mois, on comprend mieux pourquoi la douleur ne se limite pas à la période des règles : l'inflammation reste présente dans le corps en continu, elle ne disparaît pas une fois les règles terminées. C'est ce qui explique que des douleurs puissent survenir à n'importe quel moment du cycle, et qu'elles aient souvent tendance à s'intensifier progressivement d'un mois à l'autre, à mesure que l'inflammation et les adhérences se développent. Ce n'est donc pas « juste des règles douloureuses » : c'est un processus inflammatoire chronique, localisé dans des zones du corps qui ne sont pas prévues pour l'accueillir, et qui mérite d'être reconnu comme tel.
En consultation, lorsque j'explique ce mécanisme à mes patientes, quelque chose se libère souvent chez elles : le fait de mettre des mots précis sur ce qui se joue dans leur corps leur permet, parfois pour la première fois, de ne plus se sentir autant coupables de leurs douleurs.
Les différents types d'endométriose
L'endométriose ne se présente pas de la même façon chez toutes les femmes, et on distingue généralement trois grandes formes, qui peuvent coexister chez une même personne :
- L'endométriose superficielle (ou péritonéale) : des lésions localisées à la surface du péritoine, la fine membrane qui tapisse l'intérieur de l'abdomen. C'est la forme la plus fréquente, et elle peut être douloureuse malgré son aspect parfois discret à l'imagerie.
- L'endométriome ovarien : la présence d'un kyste sur l'ovaire, rempli d'un liquide épais et sombre, souvent surnommé "kyste chocolat" en raison de sa couleur caractéristique.
- L'endométriose profonde (ou sous-péritonéale) : des lésions qui s'infiltrent en profondeur, à plus de 5 mm sous la surface du péritoine, et qui peuvent toucher des organes comme le rectum, la vessie ou les ligaments utéro-sacrés. C'est généralement la forme la plus complexe à diagnostiquer et à traiter.
Il est important de préciser qu'il n'existe plus aujourd'hui de classification par "stades" (1 à 4) telle qu'elle était utilisée auparavant : cette échelle ne reflétait pas toujours bien l'intensité des symptômes ressentis, une endométriose "peu étendue" pouvant être extrêmement douloureuse, et inversement. C'est une des raisons pour lesquelles deux femmes avec un diagnostic très proche peuvent vivre des réalités quotidiennes très différentes.
Les symptômes de l'endométriose : ceux qu'on connaît, et ceux qu'on connaît moins
Les symptômes les plus fréquents
- Des règles très douloureuses, qui résistent souvent aux antalgiques courants
- Des douleurs pelviennes chroniques, présentes même en dehors des règles
- Des douleurs pendant ou après les rapports sexuels (dyspareunie)
- Une fatigue intense, parfois invalidante
- Des troubles digestifs pendant les règles (ballonnements, douleurs à la défécation)
Les symptômes moins connus, souvent sous-diagnostiqués
C'est souvent là que le diagnostic traîne, parce que ces symptômes ne font pas immédiatement penser à l'endométriose :
- Des douleurs urinaires ou des envies fréquentes d'uriner
- Des douleurs qui irradient dans le bas du dos ou les jambes
- Une infertilité ou des difficultés à concevoir, parfois seul signe révélateur
- Des cycles irréguliers ou des saignements en dehors des règles
- Une fatigue chronique et des troubles de la concentration ("brain fog" ou brouillard mental)
Il est important de rappeler qu'aucun de ces symptômes, pris isolément, ne permet d'affirmer une endométriose. Seul un examen médical (échographie spécialisée, IRM, parfois cœlioscopie) peut poser ce diagnostic.
Un mot sur l'endométriose et la fertilité, car c'est une question qui inquiète beaucoup de femmes : l'endométriose est associée à des difficultés à concevoir dans environ un tiers des cas, mais cela signifie aussi que deux femmes sur trois n'en rencontreront pas. Cela ne veut donc dire ni qu'une grossesse est impossible, ni que toutes les femmes concernées seront touchées par ce type de difficulté. Chaque situation est différente, et cette question mérite un accompagnement médical dédié. (Ce sujet sensible sera traité en profondeur dans un prochain article consacré spécifiquement à l'endométriose et la fertilité.)
Pourquoi le diagnostic prend-il autant de temps ?
En moyenne, il s'écoule encore 7 ans (mais probablement bien plus) entre l'apparition des premiers symptômes et le diagnostic d'endométriose — un chiffre régulièrement rappelé par la Haute Autorité de Santé et les associations de patientes. Plusieurs raisons expliquent ce retard :
- La banalisation culturelle de la douleur menstruelle. Beaucoup de femmes grandissent en entendant que "avoir mal pendant les règles, c'est normal" — ce qui retarde la démarche de consultation.
- Des symptômes très variables d'une femme à l'autre, ce qui rend le tableau clinique parfois difficile à interpréter.
- Des examens d'imagerie qui nécessitent une expertise spécifique — une échographie pelvienne standard ne suffit pas toujours à détecter certaines formes d'endométriose, notamment les formes profondes. Il est important que les examens d'imagerie soient analysés par des spécialistes de l'endométriose, car cela demande un œil expert pour détecter les lésions de cette pathologie.
Si vous suspectez une endométriose, le premier réflexe reste d'en parler à un·e gynécologue, idéalement spécialisé·e dans cette pathologie. Un diagnostic posé est la meilleure base pour construire ensuite un accompagnement — médical et naturopathique — adapté à votre situation.
Comment se déroule concrètement le parcours diagnostique ?
Pour vous donner une idée plus concrète de ce à quoi ressemble ce parcours :
- Une première consultation avec un·e gynécologue, au cours de laquelle un interrogatoire détaillé sur vos symptômes, vos cycles et votre historique familial est réalisé.
- Un examen clinique, qui peut déjà orienter vers une suspicion d'endométriose selon les zones de sensibilité identifiées.
- Une échographie pelvienne endovaginale spécialisée, l'examen de première intention recommandé — idéalement réalisée par un·e praticien·ne formé·e spécifiquement à la détection de l'endométriose, car un examen standard peut passer à côté de certaines lésions.
- Une IRM pelvienne, en seconde intention, si l'échographie est négative, douteuse, ou insuffisante pour préciser l'étendue de la maladie, notamment pour les formes profondes.
- Une cœlioscopie, dans certains cas seulement : selon les recommandations actuelles, un diagnostic clinique et radiologique (échographie et/ou IRM) suffit dans la majorité des cas pour démarrer une prise en charge. Cette intervention chirurgicale exploratoire n'est donc plus systématiquement nécessaire pour poser le diagnostic, mais elle reste surtout indiquée lorsqu'un geste thérapeutique (retrait de lésions) est envisagé en parallèle.
Ce parcours peut sembler long et parfois décourageant. C'est aussi pour cette raison qu'un accompagnement complémentaire, pendant cette période d'attente ou d'investigation, peut avoir toute sa place — pour vous aider à traverser ces mois avec plus de ressources.
L'endométriose a-t-elle une cause unique ?
La recherche médicale n'a pas identifié à ce jour de cause unique et certaine à l'endométriose. Plusieurs hypothèses et facteurs favorisants sont étudiés :
- La théorie du reflux menstruel, selon laquelle du sang menstruel refluerait par les trompes vers la cavité abdominale (au fil des découvertes et recherches effectuées, cette théorie est de moins en moins plausible à elle seule)
- Des facteurs génétiques : l'endométriose est plus fréquente lorsqu'elle existe déjà dans la famille proche
- Un terrain inflammatoire et un déséquilibre immunitaire, qui pourraient favoriser l'implantation et la persistance de ce tissu en dehors de l'utérus
- Une possible sensibilité aux perturbateurs endocriniens, encore étudiée par la recherche
C'est cette dimension inflammatoire et hormonale qui explique pourquoi l'hygiène de vie et l'accompagnement naturopathique peuvent avoir un rôle intéressant à jouer — non pas pour "soigner" l'endométriose au sens médical, mais pour agir sur le terrain inflammatoire et soutenir le corps au quotidien.
L'approche naturopathique de l'endométriose : un rôle de complément, pas de traitement
Il est important d'être très claire sur ce point : la naturopathie ne traite pas et ne guérit pas l'endométriose. Le suivi gynécologique reste essentiel, et selon les cas, un traitement hormonal ou une intervention chirurgicale peuvent être nécessaires.
Ce que l'accompagnement naturopathique peut apporter, en complément :
- Un travail sur le terrain inflammatoire, via l'alimentation notamment, mais pas que !
- Un soutien de la gestion du stress, qui a un impact reconnu sur la perception de la douleur, l'équilibre hormonal et l'inflammation
- Un accompagnement du sommeil, souvent perturbé par la douleur chronique
- Des outils concrets pour mieux vivre les phases les plus difficiles du cycle
- Un espace d'écoute — beaucoup de femmes avec de l'endométriose se sentent seules ou incomprises face à leur douleur, et le fait d'avoir un accompagnement dédié, dans la durée, change beaucoup de choses
Dans mon accompagnement de 6 mois dédié à l'endométriose, ce que mes patientes me rapportent le plus souvent, c'est le soulagement de sentir que je comprends réellement ce qu'elles vivent — le type de douleur, les symptômes, leur intensité parfois imprévisible — parce que je vis moi-même avec l'endométriose (et l'adénomyose). Elles se sentent écoutées, entendues, et surtout comprises, souvent pour la première fois depuis le début de leur parcours.
Hygiène de vie et endométriose : les 4 leviers principaux
1. L'alimentation anti-inflammatoire
Certains aliments favorisent l'inflammation (sucres raffinés, excès de produits ultra-transformés, certaines graisses), d'autres la limitent (oméga-3, légumes riches en antioxydants, fibres). Ce sujet sera détaillé en profondeur dans le prochain article, dédié entièrement à l'alimentation et l'endométriose.
2. La gestion du stress
Le stress chronique favorise un terrain inflammatoire dans l'organisme et il agit sur l'axe hormonal, ce qui peut amplifier la perception de la douleur. Des outils simples — respiration, cohérence cardiaque, moment sensoriel, temps de nature — ont montré un intérêt réel dans l'accompagnement des douleurs chroniques.
3. Le sommeil
La douleur chronique et le sommeil s'influencent mutuellement dans les deux sens : moins on dort bien, plus la douleur peut sembler intense, et inversement. Travailler l'hygiène de sommeil est souvent un axe sous-estimé.
4. Un mouvement adapté
Certaines formes d'activité physique douce (marche, yoga, natation) sont bien tolérées et peuvent aider à réduire les tensions pelviennes, quand une activité plus intense peut parfois aggraver l'inconfort en période de crise.
Quand consulter ?
Si vous ressentez des douleurs de règles qui vous empêchent de vivre normalement, si vous prenez des antalgiques de façon répétée sans soulagement suffisant, ou si vous présentez des symptômes évoqués plus haut qui persistent, la première étape est d'en parler à un·e professionnel·le de santé, idéalement un·e gynécologue. Et si vous ne vous sentez pas écoutée, je vous encourage vivement à demander un 2ème avis auprès d'un·e autre professionnel·le de santé.
Un accompagnement naturopathique peut ensuite venir compléter ce suivi, une fois le diagnostic posé ou en parallèle d'une démarche diagnostique, pour vous aider à traverser cette période avec plus de ressources et moins de souffrance au quotidien.
Questions fréquentes
L'endométriose est-elle une maladie grave ?
Sa gravité varie énormément d'une femme à l'autre. Certaines formes restent discrètes et peu impactantes, d'autres peuvent fortement altérer la qualité de vie et nécessiter une prise en charge médicale ou chirurgicale poussée. Ce n'est pas une maladie qui met la vie en danger, mais son impact sur le quotidien — douleur, fatigue, fertilité, vie professionnelle et intime — peut être considérable, et mérite d'être pris au sérieux.
Peut-on guérir de l'endométriose ?
À ce jour, il n'existe pas de traitement qui fasse disparaître définitivement l'endométriose. Les traitements médicaux et chirurgicaux visent à réduire les symptômes et à ralentir la progression de la maladie, tandis qu'un accompagnement naturopathique peut soutenir le corps au quotidien, en complément.
L'endométriose disparaît-elle à la ménopause ?
La chute des œstrogènes à la ménopause entraîne, chez la majorité des femmes, une amélioration progressive voire une disparition des symptômes douloureux, car le tissu endométrial devient inactif en l'absence d'hormones. Ce n'est cependant pas une règle systématique : certaines femmes continuent de ressentir des symptômes après la ménopause, notamment en cas de traitement hormonal substitutif ou de douleurs devenues chroniques.
En résumé
- L'endométriose est une maladie chronique inflammatoire, touchant environ 1 femme sur 10, encore trop souvent diagnostiquée tardivement (7 ans en moyenne)
- Elle se présente sous différentes formes (superficielle, ovarienne, profonde), qui n'expliquent pas à elles seules l'intensité de la douleur ressentie
- Les symptômes vont bien au-delà des douleurs de règles, et varient beaucoup d'une femme à l'autre
- Aucune cause unique n'est identifiée, mais le terrain inflammatoire et hormonal joue un rôle central
- La naturopathie n'est pas un traitement de l'endométriose, mais un accompagnement complémentaire précieux au suivi médical
- L'alimentation, le stress, le sommeil et le mouvement sont des leviers d'hygiène de vie à travailler
Si vous pensez souffrir d'endométriose ou si un diagnostic vient d'être posé et que vous souhaitez un accompagnement naturopathique complémentaire, je vous propose un accompagnement dédié de 6 mois. Cliquez ici pour plus d'informations. N'hésitez pas à me contacter pour en discuter.
Si vous souhaitez en découvrir plus sur le sujet, voici :
🎥 une vidéo expliquant la différence entre des règles "normales" et de l'endométriose
🎥 une vidéo mentionnant les symptômes les moins connus de l'endométriose



